Une délégation de six délégués syndicaux de Celanese et de Yara ont rencontré cet après-midi la Présidente du groupe communiste, Marie-George Buffet, le député UMP de la Vienne, Jacques Rumiller, le Président du groupe socialiste, Jean-Marc Ayrault et Alain Vidalies, député des Landes. David Habib, député-maire de Mourenx, Martine Lignière-Cassou, député-maire de Pau et Alain Rousset, Président de la Région Aquitaine participaient à ces rencontres. Les salariés ont rappelé la situation de leurs usines de Pardies condamnées à la fermeture par le groupe texan Celanese alors qu'il dégage des profits. La délégation a écouté attentivement les propositions des députés :
Marie-George Buffet s'est engagée à déposer un projet de loi pour empêcher les entreprises qui font des bénéfices de fermer leurs usines. Le texte sera présenté le 28 mai 2009 à l'Assemblée Nationale. Elle espère que ce projet recevra le soutien de l'ensemble de la gauche. Jacques Rumiller, député UMP de la Vienne, représentait Jean-François Coppé. Concernant le dossier Celanese, il a parlé de "délocalisation qui ne dit pas son nom, inacceptable" et a promis de se battre "jusqu'au bout" pour les Celanese. Il compte intervenir de nouveau personnellement auprès de Philippe Gustin, Directeur adjoint du Cabinet de Luc Chatel. Enfin, il fera une demande auprès du Président de la République, pour nommer un Haut-Commissaire à la réindustrialisation dans le Bassin de Lacq. Alain Vidalies, député des Landes, a formulé deux projets de loi qui seront présentés au prochain bureau national du Parti Socialiste fin mai. Dans le cas où une entreprise bénéficiaire fermerait un site de production, avec repreneur, il demande la mise sous tutelle de l'entreprise pour ordonner sa cession. Dans le cas où il n'y aurait pas de repreneur, il propose d'ordonner la cession pour un 1€ symbolique. Dans ces deux cas, le Tribunal de Grande Instance serait saisi par le comité d'entreprise. Jean-Marc Ayrault, Président du groupe socialiste, a rappelé qu'il fallait interpeller l'UMP et le gouvernement sur le fait que les propositions faites par le Parti Socialiste pouvaient être mises en place en dehors de tout clivage politique et dans l'intérêt commun. La délégation souhaitait alerter les pouvoirs publics sur la stratégie de désindustrialisation qu'ont engagés de grands groupes industriels au niveau national et européen dans le silence total de la Commission Européenne. Ils attendent les suites de ces rencontres.
Jeûne solidaire des Députés-Maires
Lundi 13 avril, Martine Lignières-Cassou, Député-Maire de Pau, et David Habib ont rejoint à 17h les locaux de l'usine Celanese pour prendre part à la grève de la faim tournante menée depuis samedi 28 mars par les salariés de l'entreprise. Les deux élus ont ensuite passé la nuit dans l'austère local syndical de l'entreprise pour marquer leur solidarité avec les 354 employés de l'usine. « Plusieurs d'entre eux habitent sur nos communes mais il n'y a pas qu'eux. Il y a aussi les sous-traitants. Ils ont mis en oeuvre une chaîne solidaire à travers cette grève de la faim, nous n'en sommes qu'un maillon » ont-ils expliqué. L'objectif est de susciter l'intérêt des médias nationaux pour les actions menées par ces salariés qui refusent que l'usine de Pardies soit simplement rayée de la carte. « Nous sommes là pour permettre une polarisation sur le combat des Celanese ». Pour les aider encore plus efficacement, la communauté de communes de Lacq a confié le dossier à une agence de communication parisienne, « Stratégie and Com ».
Mardi 24 mars, dans son bureau à l'Assemblée Nationale, David Habib a reçu, en présence d'Alain Rousset, Président du Conseil régional d'Aquitaine et de Jacques Lérou, directeur du service économique à la communauté de communes de Lacq, deux avocats mandatés par un de leurs clients, un groupe chimique européen, qui détient des unités industrielles dans 71 pays.
Ce groupe chimique a chargé ce cabinet d'avocats d'examiner la possibilité de reprendre le site de Pardies, pour y maintenir la production d'acide acétique, éventuellement celle d'acétate de vinyle et d'une 3ème ligne de production.
Ce groupe chimique connaît très bien le site de Pardies et le groupe Celanese.
Il se propose de reprendre 50 à 75 % du personnel. Ce groupe chimique ne souhaite pas, pour le moment, révéler son identité, parce que la Celanese s'opposerait à ce projet de reprise. Il voulait d'abord savoir si les élus locaux et les représentants du personnel étaient intéressés et favorables à une telle hypothèse de reprise.
A ce jour, l'identité de ce groupe n'est pas connue.
Ce lundi matin 23 mars, les dirigeants de Celanese ont annoncé la fermeture de leur site de Pardies.
L'annonce a été faite par le biais d'un communiqué diffusé au cours du comité d'entreprise de l'usine. Les élus - CCL, Conseil Général et Conseil Régional - qui s'étaient mobilisés pour tenter de sauver l'usine en proposant diverses formes d'aides, ont aussitôt dénoncé « la méthode utilisée de décider ainsi dans l'urgence la fermeture de ce site sans concertation avec les autres acteurs de ce bassin d'emplois alors même que les activités de Yara et Air Liquide sont mises en péril par l'arrêt de cette production ».
Ces élus exigent aujourd'hui de l'entreprise, qu'elle prenne rapidement des mesures visant à trouver une issue favorable au maintien des autres activités sur ce site, notamment des unités de Yara et d'Air liquide. Ils attendent également de l'Etat que la piste d'un repreneur puisse être explorée.
Ce lundi à 18h30, le préfet, les délégués syndicaux, les représentants du Conseil Général, du Conseil Régional et de la communauté de communes de Lacq se réuniront en Préfecture pour discuter de la suite à donner à cette annonce. Celanese : 2500 personnes mobilisées à Mourenx
Samedi 28 février, 2500 manifestants étaient rassemblés à Mourenx pour dire non à la fermeture de Celanese. « Le combat ne s'arrêtera pas là ! On ne ferme pas une usine rentable pour gagner plus d'argent » a lancé David Habib, Président de la communauté de communes de Lacq et Député-Maire de Mourenx. La décision finale du groupe devrait être connue la semaine prochaine et personne ne veut perdre espoir. Il faut remonter à plusieurs années en arrière, à l'époque du conflit à Elf-Aquitaine, pour assister une telle démonstration de force et de résolution à Mourenx. Avec 20 % de profits en plus en 2008 et une taxe professionnelle en hausse de plus de 9%, l'économie du Bassin de Lacq se porte bien. La décision de fermeture du groupe Texan serait donc vécue comme une injustice par les 350 salariés et les 43 sous traitants qui travaillent avec Celanese. Plus qu'une manifestation, ce grand rassemblement marque donc la solidarité des habitants du bassin de Lacq et la ferme détermination de tous de fustiger « un capitalisme financier qui brade le patrimoine industriel » du territoire.
Celanese : A l'Assemblée Nationale, David Habib interpelle le gouvernement, cliquez ici. Celanese : David Habib interpelle la Commission européenne
Mardi 10 février, David Habib rencontre à Paris M. Gustin, conseiller technique interministériel, en charge des questions industrielles auprès de Christine Lagarde, pour aborder le problème de la possible fermeture de l'usine Celanese de Pardies. Il se rendra ensuite au siège parisien de la Commission européenne pour remettre un courrier au Président Jose Manuel Barroso l'alertant sur les problèmes d'approvisionnement en acide acétique que pourraient rencontrer l'Union Européenne si l'usine de Pardies fermait.Seule usine du groupe dans l'Union européenne, Acetex Chimie Celanese couvre 80 à 90 % des besoins européens en acide acétique. Si l'usine ferme, l'Union européenne sera donc confrontée à un grave problème d'approvisionnement. David Habib demande au Président de la Commission européenne d'intervenir pour éviter une fermeture qui serait préjudiciable pour de nombreuses entreprises européennes en lui suggérant d'appliquer la « préférence communautaire. « Nous croyons savoir qu'il existe des dispositifs d'homologation pour l'entrée de produits chimiques dans l'Union européenne et nous espérons qu'il vous sera possible d'intervenir personnellement, à ce niveau, pour convaincre le groupe Celanese de ne pas procéder à la fermeture de sa seule usine en Europe ».
Rencontre des élus avec les dirigeants de la Celanese
Une délégation d'élus béarnais menée par David Habib a rencontré les dirigeants de la Celanese mercredi matin dans un hôtel parisien. Une certitude ressort de cette entrevue : aucune décision n'est encore prise. Actuellement, la Celanese est dans un véritable processus d'évaluation. Le groupe est attaché à l'usine du site de Pardies et à son personnel. Il a beaucoup investi sur le site et il semble conscient des enjeux sociaux qu'une fermeture entraînerait.
Le problème principal du groupe Celanese reste la chute très forte de la demande sur le marché mondial dans le contexte de crise. Mais c'est également un problème de compétitivité à long terme à cause d'un coût des matières 1ère bien plus élevé que dans d'autres pays.
Aujourd'hui, le groupe est donc ouvert aux propositions des élus locaux pour diminuer les coûts fixes de production mais cela ne semble pas déterminant dans sa décision finale. Les pouvoirs publics locaux vont étudier les possibilités de fourniture de matière 1ère moins chère (contacts et négociations auprès des fournisseurs) et de mutualisation d'utilités et de services de la plate-forme pour réduire les coûts.
Des propositions devront être faites dans les 15 jours à venir pour que la Celanese ait toutes les informations en mains afin de prendre sa décision début mars.
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